Jan. 22.

Dédition de Nice à la Savoie


La dédition de Nice à la Savoie est une charte du 28 septembre 1388 qui scelle le rattachement de Nice à la Savoie avec la création des « terres neuves de Provence » (de la maison de Savoie) qui, en 1526, deviendront comté de Nice. L’original de cette charte a été perdu et le titre provient d’une copie du XVIe siècle intitulée Dedizione della città e vicaria di Nizza ad Amedeo VII conte di Savoia.

Le terme dédition est un terme juridique qui caractérise la soumission volontaire d’un peuple ou d’une commune à un souverain. Une dédition se réalise par l’établissement d’un contrat écrit établissant les droits et obligations de chacun.

Les 34 articles du texte de la dédition de 1388 font ressortir que le premier souci des Niçois est d’obtenir protection contre la maison d’Anjou et ses alliés locaux, les comtes de Vintimille et de Tende. Il s’agit d’une protection militaire et juridique. Il y a, ensuite, le souhait de préserver les privilèges de la ville et le désir d’obtenir de la maison de Savoie de nouveaux avantages (installation de la capitale de la Provence à Nice ou concession de facilités portuaires) qui avaient déjà été promis par les Duras.

Le 22 mai 1382, Jeanne Ire, reine de Jérusalem et de Sicile, du duché de Pouille et de la principauté de Capoue, comtesse de Provence et de Forcalquier, plus connue sous le nom de Reine Jeanne, périssait assassinée. Bien que mariée quatre fois, elle n’avait aucun successeur direct. En 1372, elle avait désigné pour héritier son cousin Charles, duc de Duras (ou Durazzo, aujourd’hui Durrës en Albanie) waterproof sports bag, puis en 1380, revenant sur son choix, elle avait adopté le duc d’Anjou, Louis Ier, l’un des frères du roi de France Charles V. À la mort de la reine, chacun se prétendit héritier et les troupes des prétendants s’affrontèrent dans un conflit long et douloureux, les guerres de l’Union d’Aix. Après la mort des deux protagonistes, le conflit fut poursuivi par leurs épouses en qualité de régentes de leurs fils mineurs.

La Provence était elle-même déchirée entre les deux parties, Marseille tenant pour les Anjou et Aix-en-Provence se déclarant pour les Duras. La majorité des communes, dont Nice, étaient également favorables aux Duras. À ces troubles politiques vint s’ajouter encore le Grand Schisme de l’Église catholique, les Angevins choisissant le pape d’Avignon Clément VII et les Duras celui de Rome, Urbain VI.

En 1387, en suite d’un retournement de situation, Aix-en-Provence se rallia à la maison d’Anjou, laissant les partisans des Duras en minorité. D’une façon inattendue, la Provence à l’est du Var, c’est-à-dire le pays niçois, se retrouva seule face aux partisans des Anjou, maintenant très nombreux grâce aux avantages substantiels distribués généreusement par ces derniers. Ladislas de Duras, jeune roi de Naples chassé de sa capitale par une révolte, se révéla incapable d’aider ce qui restait de ses partisans ; plusieurs seigneurs des montagnes niçoises avaient d’ailleurs rendu hommages à Louis II d’Anjou.

Au début de l’année 1388, Georges de Marle, sénéchal de Louis II, concentra des troupes autour de Nice pour investir la cité. Voyant cela, les édiles envoyèrent une délégation auprès de Ladislas de Duras pour demander de l’aide. Il leur fut répondu que le roi de Naples ne pouvait les aider et qu’en conséquence, il permettait aux Niçois de se donner à tel seigneur qu’il leur plairait, et qui pourrait assurer leur protection, à condition qu’il ne fût pas un adversaire des Duras. Au retour de la délégation et après délibération, il fut décidé de choisir le comte de Savoie Amédée VII, dit « le comte rouge », lequel avait œuvré secrètement pour se faire „choisir“. Dès réception de l’ambassade niçoise, celui-ci se mit immédiatement en marche pour Nice, saisissant l’aubaine d’ouvrir ses États montagnards sur un port méditerranéen.

Amédée VII arriva à l’abbaye de Saint-Pons, aux portes de Nice, le 27 septembre et le Conseil des Quarante donna mandat aux quatre Syndics d’aller demander la protection de la Savoie. Le lendemain 28 septembre 1388, était rédigé par devant notaire le pacte de « dédition » aux termes duquel le comte de Savoie s’engageait à gouverner et protéger Nice et sa viguerie. L’acte maintenait pour le roi Ladislas la possibilité de récupérer son domaine dans les trois ans à venir, à condition de rembourser au comte de Savoie tous les frais par lui exposés dans cette affaire hydration belts for runners. À défaut, la cession deviendrait définitive et les habitants seraient tenus de prêter serment d’hommage et fidélité.

Trois ans plus tard, Ladislas étant incapable de rembourser les dépenses d’Amédée VII, le pays niçois revenait définitivement, et jusqu’en 1860, à la Savoie en prenant le nom de « terres neuves de Provence » puis « comté de Nice », le mot « comté » ayant un sens administratif et non féodal puisqu’il n’y eut jamais de comte de Nice, hormis Louis XIV au cours des brèves périodes durant lesquelles il occupa la ville (1691-1696, 1703-1706). Les quatre vigueries constituant le futur comté de Nice étaient celles de Nice, Puget-Théniers, Sospel et val de Lantosque, et Barcelonnette, cette dernière s’étant dès 1385 placée sous la protection des comtes de Savoie.

Le texte original a été traduit par Eugène Cais de Pierlas (in “La ville de Nice pendant le premier siècle de la domination des princes de Savoie”, Turin 1898, page 35.)


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